Quand la beauté de la technologie et la force du message ouvrent la voie à une série d’articles d’analyse des exposants du Showroom technologique mutualisé du Playground Paris-Saclay. Des technologies au fil de l’histoire propose un premier focus historique sur l’origine du biomimétisme, une technologie développée par la start-up FinX et mise à l’honneur lors de l’inauguration du Showroom.

Le 14 avril 2022, la SATT Paris-Saclay inaugurait le premier Showroom technologique mutualisé de l’écosystème Paris-Saclay, en présence de plus de 100 participants. Pour les invités, ce fut l’occasion de découvrir en avant-première le Showroom qui, conçu à l’image des expositions muséales temporaires, offre une visibilité inédite aux jeunes pousses nées sur le territoire. Des vitrines et des vidéos illustrant les solutions technologiques et les produits, des films relatant le passé et le présent du territoire Paris-Saclay, des visites guidées du Showroom et une ligne éditoriale associée – toute une batterie est développée pour mettre à l’honneur nos start-up et les pôles académiques au sein desquels elles se sont formées. Mais au-delà de la présentation des belles avancées techniques, le Showroom offre aux start-up une possibilité d’exprimer leurs valeurs, leur savoir et leur engagement, car derrière chaque technologie de rupture il y a une vision d’avenir, une volonté d’apporter du changement positif, une équipe engagée.

Pendant l’inauguration, la porte-parole de la start-up FinX, Alexandra Corsi Chopin, Responsable Relations institutionnelles et Rédactrice de BaseX, en a offert une belle preuve. Son discours, digne des plus beaux TedX, a su impressionner autant par la maîtrise de l’art oratoire que par le rappel des inspirations à l’origine de la technologie. En effet, FinX produit des moteurs biomimétiques et vulgarise la façon respectueuse de vivre l’aventure marine. La mobilité durable étant le maître mot de cette start-up incubée à CentraleSupélec, FinX se distingue à la fois par la rupture que représente sa technologie et par son inscription dans une tradition de bien longue date, celle de puiser dans la nature les idées pour faire avancer la science et la société. En parallèle de la production des moteurs Fin5 et Fin150, la start-up développe une plateforme de réflexion nommée BaseX, où elle propose des thématiques autour de la protection de l’environnement et du biomimétisme. Enfin, FinX prend part à l’aventure des Jeux Olympiques Paris 2024 avec la sélection du moteur Fin150 par France Mobilités afin de propulser des bateaux sur la Seine.

Le point de vue historique de Natalia

Des technologies au fil de l’histoire présente les innovations du Showroom dans une vision historique. Le retour aux grands noms, les notions clés et les étapes du développement scientifique y serviront à contextualiser ces innovations récentes, à les réinscrire dans un continuum d’idées révélant encore plus leur beauté et leur complexité. Cette approche saura souligner le lien entre la profondeur des sciences fondamentales nécessitant souvent des décennies de recherche académique et le pouvoir des sciences appliquées de répondre aux défis contemporains via une alliance avec le monde industriel.

Ainsi dans le cas de FinX et du biomimétisme, il s’agit, selon la définition offerte par le Ministère de la Transition écologique, de « s’inspirer des propriétés essentielles (par exemple des formes, compositions, processus, interactions) d’un ou plusieurs systèmes biologiques, pour mettre au point des procédés et des organisations permettant un développement durable des sociétés ». Une idée qui paraît donc être bien contemporaine, mais, si on revient en arrière, se révèle être aussi vieille que la créativité humaine : notre espèce a toujours écouté la nature afin d’améliorer son habitat ou de tester les limites de ses fonctionnalités. Et c’est particulièrement vrai dans l’histoire de la mobilité, qui, en partant de la légende d’Icare s’enivrant du vol sur ses ailes artificielles construites par son père Dédale, nous mène à travers les siècles jusqu’aux projets ambitieux mais non aboutis de Léonard de Vinci et puis, vers la fin du 19ème siècle, des projets pionniers de Clément Ader avec ses avions reprenant les formes de chauve-souris.

Mais à la fois si, depuis le début de l’ère industrielle, l’Homme cherchait par-dessus tout l’accélération, la vitesse, la conquête du monde naturel, les temps ont changé. Après la Seconde Guerre mondiale, en 3O ans, nous sommes arrivés aux limites de cette approche . Le progrès technologique étant si fulgurant, d’aucuns s’en étaient laissés impressionnés au point d’en oublier les réalités : nous sommes l’espèce dominante, mais nous sommes toujours liés à toutes les autres. Nous ne pouvons pas explorer et exploiter sans fin. Le temps est venu d’admettre nos responsabilités et de repenser nos façons de faire pour ne pas perdre l’équilibre de la planète.

Dans le cadre de cette réflexion, le biomimétisme permet de contrecarrer la tendance dangereuse de nous éloigner du monde naturel. Ce domaine de la recherche et des solutions techniques reste encore émergent, mais prometteur pour le climat. Inventé probablement par Otto Schmitt, chercheur et ingénieur américain polymathe, et formalisé par Janine Benyus, scientifique et consultante en innovation américaine, le terme de biomimétisme conceptualise l’idée de la création et du développement des produits à faible impact environnemental s’inspirant des organismes vivants et de leurs stratégies d’évolution . Depuis les années 1990, l’approche biomimétique gagne du terrain. Cette méthode trouve son utilisation dans de nombreux domaines, allant de l’énergie à l’agronomie, en passant par l’intelligence artificielle et le médical. Si nous nous restreignions à ne citer que des exemples en mobilité bio-inspirée, le secteur aéronautique en fournira une palette des plus riches.

Or les oiseaux n’inspirent pas que les aviateurs. Le bec de martin-pêcheur d’Europe, petit oiseau connu comme un bioindicateur de qualité aquatique, a aidé les constructeurs japonais à considérablement réduire le bruit des trains sortant du tunnel et à gagner par la même occasion 15% en efficacité énergétique. C’était Eiji Nakatsu, ingénieur en chef du département de développement technique d’une compagnie ferroviaire japonaise qui a réadapté ce petit bec si efficace en pêche de poissons au nez de train de grande vitesse Shinkansen.

La faune marine se trouve également sous la lumière des projecteurs des chercheurs en quête d’inspiration. En avril 2019, le professeur Christoph Brucker et son thésard Muthukumar Muthuramalingam, une équipe de scientifiques de la City, University of London, publie un article intitulé « Formation de courants dans un écoulement sur des réseaux d’écailles de poisson biomimétiques ». Le pari de départ : remettre en question une idée répandue selon laquelle les matériaux lisses réduisent les frottements et donc la résistance. Et c’est gagné : dans deux études conduites par l’équipe, les chercheurs arrivent à démontrer que la rugosité des écailles de poisson diffère de celle des autres matériaux. Comprendre la façon dont les écailles de poisson permettent d’économiser de l’énergie locomotive ouvrira la voie à de futures applications dans la création des matériaux.

En attendant de voir des technologies concrètes issues de cette recherche apparaître sur le marché britannique, la SATT Paris-Saclay se réserve la joie de vous inviter à venir dans cet espace d’exposition pour vous présenter la solution en mobilité durable du moment : le moteur biomimétique de la start-up FinX.

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