Contribuer à la conception de matériaux biosourcés innovants et améliorer le bilan énergétique des bâtiments pour un habitat plus durable, tels sont les enjeux du projet Predictbiomat accompagné par la SATT depuis 2020 dans le cadre de son dispositif POC’UP Program. Cette technologie, proposée par la Chaire de Biotechnologie – laboratoire LGPM de CentraleSupélec, devra notamment permettre de prédire leur comportement en conditions de couplage hygrothermique et ainsi prévoir leurs propriétés d’isolation lors d’exposition à l’humidité.

Quels sont les enjeux de votre innovation pour la filière ?

Patrick Perré : Quand on sait que le bâtiment représente 40% de la consommation énergétique nationale, qu’il faut 50 ans pour renouveler la moitié du parc immobilier et que le changement climatique en cours nous impose de réduire drastiquement nos émissions de CO2, nous comprenons les enjeux à l’œuvre pour l’habitat. Dans ce contexte, les matériaux biosourcés, véritables ressources renouvelables, représentent un levier particulièrement intéressant en matière d’efficacité énergétique. Parmi ses qualités : la séquestration du carbone au sein du bâti, mais surtout, en plus de leur faible conductivité thermique, leurs propriétés hygroscopiques, c’est à dire leur capacité, comme toute fibre végétale, à absorber l’humidité de l’air. Cela permet des cycles d’évaporation/condensation qui agissent en régime transitoires des bâtiments, en particulier pour le confort d’été en alternance jour / nuit. Un énorme avantage dans le cadre du changement climatique actuel ! Cependant, nous manquons encore de connaissances sur le comportement et la caractérisation du comportement thermique de ces matériaux en conditions variables, ce qui rend difficile la quantification de leurs propriétés d’isolation, notamment dans les outils de simulation énergétique. Face à ce besoin de caractérisation en régime transitoire, nous avons développé une méthode innovante de modélisation numérique à partir de morphologies obtenues par nano-tomographie 3D qui permet de prédire le comportement de ces matériaux en condition de couplage hygrothermique.

Quel bilan tirez-vous du dispositif POC’UP Program proposé par la SATT Paris-Saclay ?

P.P. : Plusieurs points positifs ! Le premier est l’accompagnement de proximité proposé. Des réunions régulières et constructives permettent de fixer des échéances, de faire le point, d’échanger et de réorienter le projet en fonction de ses avancées. La complémentarité des équipes de la SATT, orientées valorisation, propriété intellectuelle, marché et business, avec les équipes scientifiques est également particulièrement positive. Le niveau d’expertise des interlocuteurs rencontrés, chacun expert dans son domaine, a de même permis de faire murir notre projet. Et puis, la SATT Paris-Saclay travaille dans un esprit gagnant – gagnant particulièrement appréciable. C’est un partenaire avec lequel nous avons avancé, pendant un an, main dans la main, dans une relation basée sur la confiance.

Votre projet évolue vers une démarche de valorisation atypique, expliquez-nous !

P. P. : L’étude de marché réalisée par la SATT Paris-Saclay dans le cadre de ce programme a confirmé les besoins du marché vis à vis de notre innovation mais a également démontré la nécessité de travailler l’aspect normatif en amont de toute valorisation. Notre technologie est en effet en avance sur la réglementation aujourd’hui en vigueur. Dans ce contexte, la SATT nous a mis en relation avec le Cerema, un centre de recherche national et publique pour le développement durable du territoire qui travaille notamment sur les questions liées au bâtiment durable. Avec lui, nous allons tenter de faire avancer les normes en matière de modélisation des matériaux biosourcés. A terme, nous ne perdons pas de vue notre première ambition qui était de créer une start-up pour commercialiser notre technologie.

Patrick Perré
Porteur du projet Predictbiomat

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